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Interview de Philippe Michéa - Salaison Ogier

Interview de Philippe Michéa

Philippe Michéa Salaison

Interview de Philippe Michéa

Comment êtes-vous devenu chef d’entreprise ?

En 2008 j’ai vendu mon entreprise, que je possédais depuis plus de 30 ans. Ne souhaitant pas être à la retraite, j’ai décidé de reprendre la salaison OGIER en grande difficulté financière, suite aux appels et conseils des banques.

La commune de Ste Foy l’Argentière est-elle un lieu d’implantation privilégié pour votre entreprise ?

D’une manière générale, les monts du Lyonnais restent très intéressants pour ce secteur d’activité. L’historique des lieux est important. L’entreprise OGIER a été créée par M. OGIER père, en 1938. Michel a créé l’entreprise actuelle et l’a revendue en 2004 à des investisseurs, puis j’ai repris les rênes en 2010. La maîtrise du processus de fabrication du produit est primordiale pour sa commercialisation. Il fallait asseoir l’entreprise et lui redonner toutes ses chances de réussite. Je suis charcutier traiteur de métier, c’était un vrai atout.

Parlez-nous de vos projets…

3 termes sont importants pour moi : monts du Lyonnais, qualité du produit et innovation. A mon arrivée, il était primordial de redresser l’entreprise et d’arrêter l’hémorragie financière. Nous n’avions qu’un seul produit, le saucisson sec. Nous avons remis le saucisson à cuire au goût du jour. Nous souhaitions innover, apporter de la valeur ajoutée à notre gamme. Il était important de travailler sur une nouvelle gamme : des saucissons traditionnels à base de légumes. Nous avons réussi à introduire 40 % de légumes dans une chair à saucisson. Très vite, nous avons élaboré toute une gamme de six produits, aux saveurs différentes : légumes, asiatique, méditerranéenne, mexicaine, etc. Deux années de travail étaient essentielles pour aboutir à ce résultat. A base de viande de saucisson celui-ci est sans peau. Il est plus facile à manger. Pour obtenir différentes saveurs, l’enrobage raffiné est fait d’épices, d’herbes. Pour la rentrée nous avons deux gammes qui s’adresseront à la Grande Distribution. La seconde sera destinée aux épiceries fines (saucissons farcis, chèvre, roquefort, beaufort, enrobé de pépites de fruits et pignons de pin).
Le saucisson sec  est un produit historiquement classique peu revisité. Mes compétences en cuisine m’ont permis de marier les savoirs faire de la salaison et la cuisine.

Avez-vous des projets de création d’emploi ?

En 2010, il y avait 13 personnes, aujourd’hui nous sommes déjà 21. Nous venons d’embaucher un nouveau commercial à plein temps, nous verrons comment seront accueillis nos nouveaux produits. L’équipe présente possède un esprit solidaire et travailleur. Il existe une vraie conscience professionnelle individuelle et collective. La salaison reste une entreprise familiale.

Comment imaginez-vous votre entreprise dans 10 ans ?

En fonctionnant ainsi, d’ici trois ans, avec encore de nouveaux produits (jambons crus, viande séchée de bœuf, chorizo), nous aurons atteint le volume maximum de fabrication. Il faudra peut être construire une nouvelle usine !
La production dans les salaisons est souvent bloquée par les étuves, les séchoirs, pas par le développement en lui-même.

Que manque-t-il aujourd’hui à votre épanouissement professionnel ?

L’exportation. Des saucissons, Il en existe beaucoup déjà à l’export, mais pourquoi ne pas aller aussi sur cette piste ?

L’entreprise est sur de bons rails, je souhaite qu’elle fonctionne ainsi durant des années encore. Travailler en salaison, n’est pas simple, dans la région, beaucoup fabriquent des saucissons. Mais, entre fabriquer quelques kg de saucisson à la ferme et une fabrication régulière de plusieurs tonnes la démarche est complètement différente. Nous avons le statut de Maître Artisan. Ce label est la garantie de notre plus-value, avec une  fabrication artisanale et l’utilisation de produits entièrement français. La viande vient essentiellement de la Bretagne : Nos besoins en matière première ne nous permettent pas d’utiliser la viande locale, malheureusement pas suffisamment présente dans notre région. Exception faite pour nos saucissons secs de porc fermier, élevés en plein air dans la campagne.

Fabien Grange, Infographiste

Communauté de communes Chamousset en Lyonnais